Elus et habitants s’alarment d’une hausse de la délinquance dans ce quartier de Noisy-le-Grand, toujours en attente d’une opération de rénovation urbaine.
« Ici ,la délinquance a augmenté de 600 % entre 2003 et 2006. » Michel Pajon, le député-maire (PS) de Noisy-le-Grand, ne mâche pas ses mots. Au Pavé-Neuf, dans ce quartier à l’architecture singulière, enclavé entre l’A 4 et le RER, en bordure du pôle d’affaires Mont-d’Est, le projet de rénovation urbaine n’a toujours pas été validé par l’Anru.
Le 15 mai, le maire faisait voter en conseil municipal extraordinaire une résolution pour appeler l’Etat à tenir ses engagements et demander la création d’une Uteq (unité territoriale de quartier) au Pavé-Neuf.
Car, pour les 9 000 habitants, le pire n’est pas les façades dégradées mais bien la délinquance ordinaire.
« Dès 11 heures, ça commence à traîner devant ma vitrine, commente un commerçant en désignant des jeunes. Ils se comportent comme si la rue leur appartenait et vendent de la drogue presque à la vue de tous. »
La police veut « réinvestir la cité »
Ce que redoutent le plus les habitants, ce sont les agressions. Un scénario devenu presque classique. Une femme seule, des assaillants en groupe, un vol avec violence. « On dirait qu’ils n’ont pas de limite », commente une pharmacienne, dont une cliente a été « attaquée par une bande ». « Quand ils volent un sac, à quoi ça sert de frapper à la tête, de porter des coups à terre ? » Une habitante témoigne : « Quand je vois du monde dans le parking, je préfère attendre pour récupérer ma voiture. »
Vincent Probst, le commissaire de Noisy-le-Grand, confirme : « Le Pavé-Neuf se distingue surtout par des vols avec violence ou à la portière. Les butins ne sont pas très importants, les auteurs souvent mineurs et les victimes résident dans le quartier. » En revanche, le trafic de drogue est ici plutôt l’affaire de petits revendeurs, pas aussi structuré qu’ailleurs, et les braquages au Mont-d’Est commis par des délinquants extérieurs qui profitent du noeud autoroutier.
Pour le policier, « l’enjeu n’est pas de créer une ceinture hermétique autour du Pavé-Neuf mais bien de le réinvestir. Il y a une unité sectorisée sur le Pavé-Neuf et Mont-d’Est, neuf personnes en plus des rondes habituelles ». Si l’idéal est de surprendre des agresseurs en flagrant délit, un travail de plus longue haleine peut aussi payer. « Nous mettons en place une cartographie avec des synthèses et des signalements, une stratégie qui commence à porter ses fruits. En octobre, nous avons interpellé un groupe auteur de 60 vols à la portière. »
(Source: Le Parisien)



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