09.10.2007

Violences aux urgences

Deux bandes rivales viennent en découdre aux urgences

Le 8 / 10 / 2007

Hier, la préfecture de l’Oise a annulé une rencontre de basket qui devait opposer une équipe de Montataire aux Creillois. « Il y avait un risque de trouble à l’ordre public », précise le commissariat. Une conséquence directe des violences urbaines qui ont agité le Plateau-Rouher dans la nuit de vendredi à samedi.

Un pic a été atteint à l’hôpital, où deux bandes rivales ont voulu en découdre.

« L’hôpital n’est plus un sanctuaire. Lorsqu’on veut atteindre quelqu’un, on va le chercher où il se trouve, analyse Jean-Claude Villemain, premier adjoint à la ville de Creil. On est toujours sur le fil du rasoir et on assiste à un repli sur soi des bandes. Ce qui est grave. » Toujours tabou, le mot de « bande » est enfin lâché. Car ce sont bien deux quartiers rivaux qui se sont affrontés vendredi soir, jusque dans les urgences de l’hôpital Laennec. La tension montait depuis trois semaines. Depuis des échanges de coups à la sortie du lycée Malraux à Montataire. « D’un côté il y a les renois (NDLR : les Noirs) du quartier de la Martinique, de l’autre les Maghrébins des Martinets et de Chicago, explique un jeune Montatairien. Jamais un gars de Montataire ne viendra sur le Plateau. S’ils veulent aller à Creil, ils restent à la gare où la police tourne. » Pourtant, vendredi soir, les deux bandes se sont croisées à l’hôpital Laennec, situé au coeur du Plateau-Rouher. Un jeune de Montataire venait d’être admis aux urgences.

Les gendarmes en renfort

Dans l’après-midi, devant le lycée de Chantilly, il avait été grièvement blessé au bras par des Creillois. Egalement hospitalisée, une jeune Creilloise, totalement étrangère à ces règlements de compte. Elle avait pris un mauvais coup vers 19 heures à la gare de Creil, alors qu’un différend opposait, à nouveau, Creillois et Montatairiens. Les choses ont commencé à dégénérer vers 19 h 30. Le lycéen blessé attend d’être examiné aux urgences. Pas très rassuré, « il a téléphoné à ses copains pour qu’ils viennent le défendre en cas de coup dur », raconte un témoin. Une trentaine d’individus « très jeunes, 16-17 ans », déboulent à l’hôpital.

Ils sont vite repérés par les Creillois qui, à leur tour, s’agglutinent dans la salle d’attente des urgences et aux abords de l’hôpital. Au total, « ils étaient une centaine de personnes », dira le commissariat de Creil. La police décide alors de faire appel à des renforts de gendarmes mobiles vers 22 heures. Les rixes se déplacent sur le parking. La situation ne rentrera dans le calme qu’à 1 h 30 le matin. Malgré la confusion, les policiers creillois réussissent à protéger les urgences. Personne n’entrera dans les salles d’examen. Aucun soignant ne sera blessé.

Tout en contenant la foule, les fonctionnaires de police commencent à inspecter les abords. Dans les voitures, ils découvrent un fusil à canon scié et des cartouches, des barres de fer. Sur le parking, les services de sécurité ramasseront une dizaine de chaînes de vélo. Devant l’entrée de l’établissement, la cabine téléphonique ne résistera pas aux assauts. Un homme de 22 ans sera arrêté et placé sous contrôle judiciaire.

La direction de l’hôpital n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.

(Source : Le Parisien)

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