09.10.2007

Les victimes de tournantes et leurs familles menacées

Barbarie en banlieue : les victimes de « tournantes » et leurs familles menacées

08/10/07 – 11h

PARIS (NOVOpress) – Que deviennent les victimes de ces actes barbares que sont les viols collectifs pudiquement appelés « tournantes » une fois retombé le bruyant émoi médiatique ?. L’histoire de l’une d’entre elles, victime il y a un an de ce type d’agression dans les caves de Fontenay sous bois, jette un éclairage particulièrement tragique sur l’état d’abandon et de peur dans lequel elles sont souvent contraintes de vivre.
Aux abois, cette jeune mère de 23 ans s’estime « lâchée ».
La semaine dernière, sa mère a porté plainte au commissariat de Fontenay après avoir été agressée dans son hall d’immeuble avec un objet tranchant. « Maintenant je sais où tu crèches toi et ta s… de fille. Avant le procès on va tous vous n…. Et là ce n’est qu’un avant-goût de ce qui t’attend », lui a dit cet inconnu.

« Juste avant les arrestations, la police m’a dit que je devais partir de chez moi. » L’errance commence. C’est d’abord l’association Ni putes ni soumises qui l’héberge dans un studio des Hauts-de-Seine. « Puis, on m’a dit d’aller près de Grenoble, dans un petit village. » Elle y reste jusqu’en septembre 2006. « Ensuite je suis retournée chez mon père à Fontenay, aux Larris. On était obligé de partir très tôt le matin. Je ne sortais pas pendant des semaines. Des gens ont essayé de rentrer chez nous la nuit. » Elle s’installe alors chez sa belle-mère en région parisienne, puis dans un foyer de jeunes travailleurs. Jusqu’en janvier dernier, quand elle a été reconnue par un ancien des Larris. Nouveau déménagement. Elle vit aujourd’hui quelque part en banlieue parisienne, dans l’angoisse et l’amertume. « Je ne peux pas rester ici. On avait baissé notre garde, mais depuis l’agression de ma mère, je revis dans la peur. Je n’ai plus de nouvelles de personne. J’ai écrit à Sarkozy. Le préfet du Val-de-Marne m’a dit de faire une demande de logement dans une mairie. Cette histoire a été très médiatisée, et puis on nous a oubliées, complètement lâchées. On nous avait promis un appartement, une protection policière et judiciaire, on m’a même dit que je pourrais changer de nom. »

Mais quelle est donc cette société où les victimes d’actes barbares sont obligées, lorsqu’elles osent porter plainte, de fuir ensuite sans fin et de vivre dans la quasi clandestinité pour échapper aux réprésailles des bandes de voyous solidaires de leurs bourreaux ?


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